Préparer les abris hivernaux pour les auxiliaires : guide pratique pour le jardin-forêt
Les insectes auxiliaires cherchent leurs refuges avant l'arrivée du froid. Mettre en place ou préserver des abris simples (tiges creuses, tas de bois, hôtels à insectes) renforce naturellement la lutte contre les ravageurs au printemps.
Points clés
- Les tiges creuses bouchées à une extrémité avec de l’argile accueillent efficacement abeilles et guêpes solitaires.
- Les tas de bois, arbres morts, murs en pierres sèches et herbes hautes sont des refuges naturels essentiels pour les auxiliaires en hiver.
- Les haies composites favorisent l’installation des corneilles, dont les nids abandonnés sont ensuite utilisés par des rapaces.
- En verger sous filet, les nichoirs doivent être placés en lisière pour éviter d’emprisonner les oiseaux.
Les insectes auxiliaires disparaissent progressivement des jardins avec l'automne. Beaucoup entrent en diapause ou cherchent des refuges pour passer l'hiver. Agir maintenant permet de les accueillir dès la prochaine saison.
Installer ou préserver des abris hivernaux ne demande pas d'équipement coûteux. Des solutions simples, locales et efficaces existent pour soutenir les populations utiles.
Les tiges creuses, refuge naturel pour abeilles et guêpes solitaires
Les tiges creuses sont des nids idéaux pour les abeilles et guêpes solitaires. Des plantes comme le bambou, la carotte sauvage, le fenouil, le céleri vivace ou la forsythia offrent des galeries parfaites.
Coupez les tiges en morceaux de 15 à 20 cm. Bouchez une extrémité avec de l’argile ou de la boue. Ces fagots peuvent être insérés dans une bûche évidée, une boîte en bois ou un hôtel à insectes.
Placez les assemblages entre 50 cm et 2 m de hauteur, de préférence en situation ensoleillée et protégée des intempéries. L’osmie, par exemple, pond directement dans les tiges et obture les orifices avec de la terre argileuse. D’autres espèces, comme les hérigades, utilisent de la résine végétale pour fermer leurs loges.
Bois, pierres et structures naturelles : préserver ce qui existe
Les habitats naturels sont souvent plus efficaces que les constructions artificielles. Les tas de bois, les arbres morts et les murs en pierres sèches offrent des sites de nidification stables et variés.
Les reines de bourdons cherchent des cavités au sol ou sous les tas de branches pour hiberner. Laisser des fagots de bois ou des herbes hautes en bordure de parcelle suffit souvent à les accueillir.
Les nichoirs commerciaux peuvent être utiles, mais les structures naturelles sont généralement plus durables et mieux intégrées. Si vous utilisez un nichoir, privilégiez ceux avec un orifice large pour maximiser les chances d’occupation par des passereaux.
Hôtels à insectes et aménagements complémentaires
Les hôtels à insectes permettent de regrouper plusieurs types d’abris. Ils pérennisent la présence d’auxiliaires utiles au jardin-forêt.
Vous pouvez y intégrer des pots en terre remplis de paille, destinés aux forficules ou aux bourdons selon qu’ils sont suspendus ou enterrés. Des boîtes en bois trouées conviennent aux chrysopes. Des bûches percées servent d’abri aux abeilles solitaires.
Dans les vergers couverts de filets monorang, placez les nichoirs en lisière, près des haies. Cela évite d’emprisonner les oiseaux sous les filets.
Favoriser les oiseaux et les rapaces par la gestion des haies
Les haies composites jouent un rôle clé dans l’accueil des oiseaux. Leur maintien ou leur création favorise l’installation des corneilles, qui changent de nid chaque année.
Ces nids abandonnés sont ensuite utilisés par des rapaces. C’est le moyen le plus efficace pour favoriser leur présence naturelle dans les vergers et les jardins-forêts.
Que faire maintenant dans votre jardin-forêt
- Collectez des tiges creuses de plantes vivaces et préparez des fagots. Installez-les dès que possible.
- Laissez ou créez des tas de bois, de pierres ou des zones d’herbes hautes. Évitez de tout nettoyer en automne.
- Placez des hôtels à insectes ou des nichoirs en situation protégée et ensoleillée.
- Préservez les haies et les arbres morts. Ils sont des refuges essentiels.
- En verger couvert, installez les nichoirs en bordure, hors des zones sous filet.
Sources
- ephytia.inrae.fr — Les nichoirs, abris et gîtes sont destinés aux auxiliaires pour favoriser le contrôle biologique des ravageurs. Des pots en terre, boîtes en bois trouées, bûches percées et nichoirs peuvent accueillir différentes espèces. En verger sous filet, placer les nichoirs en lisière. Les haies composites permettent d'accueillir les corneilles, dont les nids libérés sont utilisés par les rapaces.
- jardiner-autrement.fr — Les tiges creuses (bambou, carotte sauvage, fenouil, etc.) peuvent être utilisées comme abris pour abeilles et guêpes solitaires. Les fagots doivent être bouchés à une extrémité avec de l'argile. Ils peuvent être placés dans des bûches évidées ou des hôtels à insectes, entre 50 cm et 2 m de hauteur, à l'abri des intempéries. Les tas de bois, arbres morts, murs en pierres sèches et herbes hautes sont des abris naturels utiles. Les hôtels à insectes permettent de pérenniser les auxiliaires.
Ce que les sources ne permettent pas d'affirmer
- Aucune source ne précise l’efficacité relative des différents types d’abris selon les régions ou les écosystèmes de jardin-forêt.
- Les documents ne donnent pas de données quantitatives sur l’augmentation de la présence d’auxiliaires grâce à ces aménagements.
- Aucune source ne mentionne le rôle des champignons ou des micro-organismes dans la survie hivernale des auxiliaires.